Justice Azerbaïdjan : le Français Martin Ryan condamné à dix ans de prison pour «espionnage»
JusticeAzerbaïdjan : le Français Martin Ryan condamné à dix ans de prison pour «espionnage»
L’homme d’affaires avait été arrêté en décembre 2023, en pleines tensions entre Paris et Bakou.

Le ressortissant français Martin Ryan lors d’une audience dans le cadre de son procès pour espionnage à Bakou, le 6 janvier 2025. (AFP)
ParLibération
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Publié le 16/03/2026 à 11h28, mis à jour le 16/03/2026 à 11h49
Il était incarcéré depuis décembre 2023 en Azerbaïdjan. Il est aujourd’hui reconnu coupable par un tribunal azerbaïdjanais d’espionnage au profit de Paris. Martin Ryan, homme d’affaires français, est accusé par Bakou d’avoir collecté des informations secrètes sur sa coopération militaire avec la Turquie et le Pakistan, alors qu’il vivait dans la capitale de ce pays du Caucase depuis quatre ans au moment de son arrestation. Celui qui a plaidé partiellement coupable a été condamné ce lundi 16 mars à dix ans de prison, au terme d’un procès qui a duré un an.
«Je ne suis pas un espion et j’ai tenté de le prouver tout au long du procès», a plaidé l’homme d’affaires dans sa dernière prise de parole avant le verdict. Martin Ryan a affirmé se considérer «seulement coupable» d’avoir établi des contacts avec des employés de l’ambassade française et de n’avoir pas partagé d’informations à leur sujet avec les autorités azerbaïdjanaises.
Détention «arbitraire»
Arrêté le lundi 4 décembre 2023, Martin Ryan était notamment accusé d’avoir été recruté par des membres de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), travaillant à l’ambassade de Bakou, qui ont ensuite été expulsés. Il aurait reçu l’ordre d’obtenir des informations sur la déclaration de Choucha de juin 2021, un document renforçant l’alliance entre l’Azerbaïdjan et son principal soutien, la Turquie. Toujours d’après l’accusation, il aurait également eu pour consigne de récolter des données sur les relations du pays avec l’Iran, le Pakistan, l’Algérie et la Somalie, ainsi que des photographies d’armements livrés à Bakou par le Pakistan et des informations sur des entreprises liées à la Russie et à la Chine.
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L’affaire avait débuté en pleines tensions diplomatiques entre la France et l’Azerbaïdjan, depuis la reprise par Bakou en septembre 2023 de tout contrôle du territoire du Haut-Karabakh à majorité arménienne, au point que l’arrestation a suscité de vifs échanges entre les deux pays. Si la France a accusé le pays du Caucase de détenir de manière «arbitraire» Martin Ryan, et demandé sa libération immédiate, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères s’est fermement opposé à cette idée : «Cette déclaration infondée constitue une déformation de la réalité et une nouvelle tentative d’ingérence dans les affaires internes d’Azerbaïdjan et dans un processus d’enquête légitime.»
Soutien à l’Arménie
Martin Ryan a été jugé aux côtés d’un complice présumé, Azad Mamedli, un citoyen azerbaïdjanais accusé pour sa part de «haute trahison» et qui a été condamné à douze ans d’emprisonnement. Les tensions diplomatiques étaient encore montées d’un cran entre Paris et Bakou fin décembre 2023, marquées par l’expulsion réciproque de deux diplomates – alors que Bakou reprochait depuis plusieurs mois à Paris son soutien à l’Arménie rivale. La France avait déclaré «persona non grata» deux diplomates azerbaïdjanais par «mesure de réciprocité» après que Bakou avait expulsé deux diplomates français.
Manipulations de l’information
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De son côté, Paris avait accusé en novembre 2023 des acteurs liés à l’Azerbaïdjan d’avoir mené une campagne de manipulation de l’information visant à porter atteinte à la réputation de la France dans sa capacité à accueillir les Jeux olympiques 2024. Mais, depuis l’automne dernier, les liens entre les deux pays ont montré des signes d’amélioration. Le 8 mars, Emmanuel Macron et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev se sont entretenus par téléphone et ont discuté, selon Bakou, des possibilités de relancer leurs relations bilatérales.




















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