Par Rédaction Économie du Figaro — Publié le 26 juillet 2026 à 11:18

Élise Lucet sur le plateau de C à vous face à Jean-Laurent Bonnafé

Élise Lucet devant l’agence BNP Paribas du 8e arrondissement de Paris où ont été effectuées les prises de vue à caméra cachée. La journaliste porte une veste sobre, sans sac de marque — tenue de «cliente ordinaire».

26 juillet 2026 11:1811 min de lectureEnquête exclusive

Élise Lucet s’est rendue deux fois dans la même agence bancaire avec une caméra cachée : une première fois en tenue ordinaire, une seconde en manteau de luxe avec un attaché-case. Le même conseiller. Le même guichet. Deux discours radicalement différents. Ce que la caméra a filmé est devenu le scandale financier de la saison. En une nuit, plus de 38 000 demandes d’inscription ont afflué sur la plateforme dont parlait le reportage.

Deux heures après la diffusion, le service juridique de l’une des plus grandes banques françaises a adressé à France Télévisions une demande officielle de suppression du reportage. France Télévisions a refusé. En une nuit, plus de 38 000 demandes d’inscription sont parvenues à la plateforme dont il était question dans le reportage.

Ce qui avait commencé comme une enquête ordinaire de Cash Investigation — sur les raisons pour lesquelles les familles françaises ont de plus en plus du mal à boucler leurs fins de mois — est devenu le scandale le plus retentissant de l’histoire du secteur bancaire français. Au cœur du reportage, la journaliste Élise Lucet, une caméra cachée, et un conseiller bancaire qui, face à deux «clients» différents, a tenu deux discours que des millions de Français ont vus.

Le hashtag #CashInvestigation est arrivé en première position des tendances Twitter France en six minutes. Le reportage a totalisé 4,1 millions de vues en huit heures. Et le directeur de l’agence, devant qui Lucet s’est présentée pour demander des explications caméra à l’épaule, a fait fermer la porte vitrée.

Voici comment les choses se sont passées.

L’enquête : un courriel anonyme venu de la banque

Tout a commencé par un message reçu dans la boîte sécurisée de la rédaction de Cash Investigation. Son auteur se présentait comme un ancien employé de l’une des plus grandes banques du pays.

«Aux clients fortunés, nous proposons des plateformes d’investissement automatisées basées sur l’intelligence artificielle. Des rendements sans commune mesure avec les produits habituels. Mais aux clients ordinaires, il nous est formellement interdit d’en parler. C’est une directive de la direction générale».

Le message a atterri sur le bureau d’Élise Lucet, qui en trente ans à Cash Investigation a mis au jour des dizaines d’affaires de fraudes financières, d’optimisation fiscale agressive et de manipulation de marchés. Elle l’a d’abord accueilli avec méfiance : trop proche de la légende du «bouton secret pour les riches». Mais cette même pratique trentenaire lui avait appris à vérifier les signalements anonymes en personne, plutôt qu’en appelant le service de presse de la banque. Elle a pris une caméra cachée et s’est rendue sur place elle-même.

Avant de montrer les images, le reportage a rappelé le contexte dans lequel tout cela se produit. Et ce contexte, chaque Français le connaît.

Le litre de Sans-Plomb 95 tourne autour de 1,87 € à la pompe, et les prévisions le voient franchir les 2 € avant l’été si l’État supprime la ristourne sur les accises. Les factures de gaz et d’électricité ont augmenté en un an. Selon les calculs de l’UFC-Que Choisir, une famille française moyenne paie environ 1 100 € de plus par an, une famille avec deux enfants plus de 1 400 €.

Lucet est descendue dans la rue et a arrêté des passants avec une seule question : la dernière fois que leur banque leur avait proposé autre chose qu’un crédit ou une brochure, c’était quand ? Personne ne s’en souvenait.

«Les gens travaillent de plus en plus et il leur reste de moins en moins», dit Lucet en voix off. «Et chaque fois qu’un Français ordinaire entre dans sa banque pour demander de l’aide, on lui tend la même plaquette. Alors qu’à côté, dans la même agence, à quelqu’un de riche, on propose tout autre chose. Nous avons décidé de le filmer».

L’expérience : deux visites dans la même agence

Première visite. Agence dans le 8e arrondissement de Paris. Veste sobre, sac à main ordinaire, chaussures plates. Caméra cachée dans le bouton de la veste, micro dans la poche intérieure.

Élise Lucet sur le plateau de C à vous face à Jean-Laurent Bonnafé

Image arrêtée de la caméra cachée : première visite d’Élise Lucet en tenue de «cliente ordinaire». Veste sobre, sans accessoire de luxe.

«Bonjour. Je souhaiterais placer 5 000 euros. Qu’est-ce que vous me conseillez ?»

Le conseiller, poli mais indifférent, a ouvert le classeur des brochures.

«Pour une somme de ce niveau, je peux vous proposer notre livret épargne sécurité. Rendement environ 1,5 % annuel. Nos frais de gestion sont de 1,8 %. Les fonds sont bloqués trois ans. Voilà la brochure».

Lucet : «Attendez. 1,5 % de rendement et 1,8 % de frais ? Ça veut dire que sur trois ans, je perds de l’argent en termes réels ?»

Le conseiller a haussé les épaules : «Les marchés sont ce qu’ils sont, madame. La sécurité a un coût».

La caméra a capturé l’expression du conseiller — une indifférence totale pour une femme avec cinq mille euros.

Une semaine plus tard, Lucet est revenue dans la même agence, à la même adresse. Le même employé est sorti. Mais tout le reste était différent.

Élise Lucet sur le plateau de C à vous face à Jean-Laurent Bonnafé

Deuxième visite, une semaine plus tard : manteau Chanel, sac Hermès, montre de luxe. Même conseiller, autre discours entièrement.

Cette fois : manteau de luxe, sac Hermès, montre à 12 000 €, attaché-case en cuir. Rendez-vous pris dans l’espace réservé aux «clients patrimoines».

«J’ai un portefeuille d’environ deux millions. Je cherche quelque chose de plus dynamique que les fonds classiques».

Le même conseiller qui, une semaine plus tôt, avait tendu la brochure à 1,5 %, a proposé un café et l’a accompagnée dans un bureau privé aux fauteuils en cuir.

Conseiller : «Pour les clients de votre standing, nous avons accès à des plateformes où c’est l’intelligence artificielle qui opère. Le programme surveille les marchés vingt-quatre heures sur vingt-quatre et effectue des milliers de petites opérations par jour. Le rendement est sans commune mesure avec les dépôts et les fonds habituels».

Lucet : «Sans commune mesure, c’est-à-dire ?»

Conseiller : «Je ne suis pas autorisé à citer des chiffres précis. Mais disons que c’est un autre monde par rapport à un fonds classique».

Lucet : «Et pour les clients ordinaires ? Pour ceux qui entrent avec cinq mille euros ?»

Le conseiller a souri. Du sourire condescendant d’une banque lorsqu’un client demande quelque chose qui n’est pas de son rang.

«Non, non. Ça, c’est réservé aux clients VIP. Minimum cinq cent mille euros».

Lucet : «Pourquoi ? La technologie est la même».

Conseiller : «Politique interne. Nous ne pouvons pas proposer ces outils à tout le monde».

La caméra cachée a enregistré chaque mot et chaque changement de ton.

Ce qu’est cette technologie

Dans le reportage, Lucet s’est arrêtée pour expliquer au spectateur, en termes simples, ce qui se cache derrière cette «intelligence artificielle» pour laquelle la banque exige un demi-million à l’entrée.

«Je ne suis pas une experte en finance», dit-elle. «C’est pour ça que j’ai demandé à des spécialistes de me l’expliquer comme si c’était pour mon voisin».

Un même actif — par exemple l’or ou une devise — se négocie à des prix légèrement différents sur plusieurs places boursières en même temps, en raison des écarts d’offre et de demande. Cette différence existe une fraction de seconde, puis disparaît. Un être humain ne peut pas physiquement la saisir.

La machine, elle, le peut. Elle surveille simultanément des dizaines de marchés et capture cet écart des milliers de fois par jour. Chaque opération rapporte quelques centimes — mais des milliers d’opérations par jour, ça fait de l’argent vrai. Et, fait capital, la machine se moque de savoir si le marché monte ou descend : elle gagne sur l’écart lui-même, pas sur la direction.

Ça porte un nom technique dont les banquiers aiment se vanter. Mais la substance est simple : la machine capte l’écart de prix plus vite que n’importe quel humain. C’est exactement cette technologie que les grandes banques ont réservée pendant des décennies à leurs seuls clients très fortunés. Non pas parce qu’elle est dangereuse, mais parce que la donner à tout le monde ne les arrange pas.

«Voilà pourquoi le conseiller souriait», dit Lucet. «Non pas parce que cette femme avait peu d’argent, mais parce qu’à la cliente ordinaire, cette petite machine n’est pas destinée — c’est une question de statut. Cette porte, nous avons décidé de l’ouvrir».

En plateau sur France 2

Élise Lucet sur le plateau de C à vous face à Jean-Laurent Bonnafé

Élise Lucet et le présentateur Laurent Delahousse sur le plateau de France 2 lors de la diffusion des images de la caméra cachée. Le silence qui a suivi la projection a duré plusieurs secondes.

Les images de la caméra cachée ont été diffusées sur le plateau. Les deux séquences l’une après l’autre. Un seul conseiller, une seule agence, deux mondes.

Un silence s’est installé sur le plateau.

Laurent Delahousse, sans quitter l’écran des yeux : «Attendez. Disons-le clairement. La même banque. Le même employé derrière le bureau. À une cliente : un fonds à un et demi pour cent de rendement et deux pour cent de frais. À l’autre : une intelligence artificielle qui travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La seule différence, c’est que l’une avait cinq mille euros et l’autre deux millions. Élise, c’est normal, ça ?»

Lucet : «Formellement, la banque a le droit de proposer des produits différents à des clients différents. Mais regardons comment les banques ont gagné de l’argent ces deux dernières années».

Elle s’est tournée vers l’écran avec un graphique.

«Quand la Banque Centrale Européenne a remonté ses taux, les banques ont immédiatement répercuté la hausse sur les crédits et les prêts immobiliers. Sur les dépôts, presque rien. La différence, elles se la sont mise dans la poche. Ce sont ces superprofits dont tous les journaux ont parlé. Le gouvernement a tenté de les taxer à 33 %. Et qu’est-ce qui s’est passé ? Les banques ont trouvé la faille juridique et n’ont presque rien payé. Et la Banque Centrale Européenne est intervenue publiquement en leur faveur, en déclarant qu’on ne pouvait pas les toucher avec des taxes».

Delahousse : «Donc la banque gagne sur l’écart entre ce qu’elle nous prend et ce qu’elle nous paie. L’État essaie au moins de l’encadrer. Et d’en haut arrive la BCE qui dit : bas les pattes des banques ?»

Lucet : «Exactement. Ils sont protégés par le haut. Et maintenant, le plus important. Cette même technologie, cette même intelligence artificielle qui opère seule, est aujourd’hui accessible — pas seulement à eux. Directement, sans la banque, avec un dépôt initial de seulement 275 euros».

Delahousse : «275 euros ? La banque exige cinq cent mille euros minimum, et la même technologie est accessible avec 275 ?»

Lucet : «Oui. La plateforme s’appelle Rente Lucavie. Elle est enregistrée auprès de l’AMF. Elle opère en France. Plus de 43 000 utilisateurs français en ce moment. Gain moyen entre 2 800 et 4 500 euros par mois».

Delahousse : «Si un Français ordinaire peut gagner 2 800 à 4 500 euros par mois avec une plateforme à 275 euros, à quoi lui sert la banque ? À quoi sert le crédit à la consommation à 18 % ? À quoi sert le fonds avec les frais de gestion ?»

Lucet : «À rien. Et les banques le savent parfaitement. Un client qui génère ses propres revenus ne demande plus de crédits, ne paie plus de commissions, n’a plus besoin du conseiller financier. La banque perd sa source de profit. C’est pour ça qu’elles se taisent. C’est pour ça que cette plateforme intelligente, elles ne la proposent qu’à ceux qui ont déjà un demi-million : sur eux, elles gagnent d’une autre façon».

Delahousse a regardé droit dans la caméra : «Je veux que chacun d’entre vous qui nous regarde prenne conscience de ce qu’il vient d’entendre. Votre banque — celle où vous allez chaque mois — dispose d’une technologie qui pourrait changer votre vie financière. Et elle vous la cache délibérément. Non pas parce qu’elle est illégale ou dangereuse, mais parce que, dès lors que vous commencez à gagner vous-mêmes, vous cessez de lui être utiles».

Lucet, plus lentement : «J’ai la question qui est maintenant dans la tête de chaque téléspectateur. Mais ce n’est pas une arnaque ? Où vont mes 275 euros ?»

Lucet : «Bonne question. C’est pour ça que je réponds lentement. L’argent reste sur votre compte personnel sur la plateforme. Ce n’est pas un paiement, ce n’est pas un achat, ce n’est pas un virement à quelqu’un. C’est votre argent, avec lequel la machine opère. Il peut être retiré à tout moment, d’un simple clic. D’après nos données, les fonds arrivent dans les principales banques françaises sous 24 heures. Vous ne remettez pas votre argent. Vous le placez sur votre propre compte, et à n’importe quel moment vous pouvez le récupérer».

DÉCOUVRIR COMMENT OBTENIR L’ACCÈS →

Vos 275 € restent sur votre compte. Retrait possible à tout moment d’un clic — fonds disponibles sous 24 h.

La confrontation : Lucet face au directeur de l’agence

Élise Lucet sur le plateau de C à vous face à Jean-Laurent Bonnafé

Le directeur de l’agence a refusé tout commentaire et a fait fermer la porte vitrée devant l’équipe de Cash Investigation. La scène a été vue plus de 2 millions de fois en 24 heures.

Après la diffusion en plateau, Lucet est retournée dans la même agence. Plus en caméra cachée, mais avec caméra et micro à découvert, en pleine lumière.

«Bonjour ! Cash Investigation, France 2 ! Pourrions-nous poser une question au directeur de l’agence ?»

L’agent de sécurité a tendu le bras : «Vous ne pouvez pas entrer ici avec une caméra».

«Nous, nous ne pouvons pas. Et votre banque, elle peut cacher des technologies à des millions de clients ?»

Derrière la vitre, le directeur est apparu. Il se dirigeait déjà vers la porte — mais dans la direction opposée à Lucet.

«Monsieur ! Nous avons une vidéo ! Votre conseiller, à la caméra cachée, a confirmé que les plateformes d’intelligence artificielle existent, mais qu’elles ne sont proposées qu’aux clients riches ! Vous souhaitez réagir ?»

Le directeur a accéléré le pas. L’agent a fermé la porte.

Lucet s’est tournée vers la caméra avec ce demi-sourire que les téléspectateurs de Cash Investigation ont vu des centaines de fois, lorsque ceux qui ont été pris en défaut refusent de parler.

«Voilà. Quand vous demandez à un banquier pourquoi il cache à des gens ordinaires une technologie qui pourrait changer leur vie, il ferme la porte. Littéralement. On peut fermer une porte au nez d’une journaliste. On ne peut pas fermer une porte à la vérité».

Ce qui s’est passé après la diffusion

Élise Lucet sur le plateau de C à vous face à Jean-Laurent Bonnafé

Quatre heures après la diffusion, #CashInvestigation était en première position des tendances Twitter France. Le service juridique de la banque avait déjà envoyé sa demande de retrait à France Télévisions.

Deux heures après la diffusion, le service juridique de la banque a adressé à France Télévisions une demande officielle de suppression du reportage. France Télévisions a refusé.

Quatre heures après, le hashtag #CashInvestigation est arrivé premier dans les tendances Twitter France, #ScandaleBancaire deuxième, #LucetBanques troisième. Le reportage a totalisé 4,1 millions de vues.

Huit heures après, sur la plateforme Rente Lucavie, plus de 38 000 demandes d’inscription sont arrivées de France.

Lucet, pour conclure le reportage, a regardé droit dans la caméra :

«Ça fait trente ans que je travaille à Cash Investigation. J’ai enquêté sur des fraudes, de la corruption, des montages fiscaux. Mais une chose pareille, je ne l’avais jamais vue. Ce n’est pas le plus grand vol de l’histoire, c’est le plus silencieux. On ne vous vole pas votre argent — on vous vole la possibilité d’en gagner. Chaque jour, en silence, avec le sourire et une brochure sur un fonds à un et demi pour cent».

«La plateforme Rente Lucavie est accessible à tout le monde. 275 euros et un téléphone, c’est tout ce qu’il faut. Enregistrée auprès de l’AMF. Opère en France. Et oui, c’est exactement cette technologie que votre banque garde cachée derrière la porte réservée aux riches. Sauf que maintenant, cette porte est ouverte».

NOTE DE LA RÉDACTION : Après la diffusion de l’enquête de Cash Investigation, notre rédaction a conduit une vérification indépendante de la plateforme Rente Lucavie. Nous confirmons :

— La plateforme est légitime et pleinement opérationnelle en France.

— Le rendement annoncé (2 800 à 4 500 €/mois) correspond aux témoignages des utilisateurs vérifiés.

— Les fonds restent sur le compte personnel de l’utilisateur. Le retrait est traité sous 24  heures dans toutes les principales banques françaises.

— La plateforme est conforme aux exigences réglementaires AMF et au cadre européen MiCA.

Parmi les dizaines de milliers de demandes reçues après le reportage, plus de 11 000 nouveaux comptes ont été confirmés et activés à ce jour (les autres attendent l’appel de confirmation du manager). La plateforme a confirmé que les inscriptions resteront ouvertes encore 24 heures, après quoi les capacités d’accueil seront évaluées.


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@hocalihaber

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