Le sort de l’homme d’affaires français aurait été au cœur des tractations à Bruxelles ces derniers jours, au cours desquelles les Vingt-Sept se sont accordés pour renouveler les sanctions contre quelque 3 000 personnalités et entités russes ou liées au régime russe, accusées de favoriser l’effort de guerre contre l’Ukraine.
L’Azerbaïdjan a gracié, mercredi 23 septembre, Martin Ryan, un Français emprisonné dans ce pays du Caucase depuis la fin de 2023, une décision intervenant quelques heures après la levée des sanctions européennes visant l’oligarque russo-ouzbek Alicher Ousmanov que demandait la France.
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La France a accueilli « avec soulagement la décision de grâce », qualifiée de « geste humanitaire », selon une déclaration du porte-parole du ministère des affaires étrangères. « Cette décision est le fruit d’un dialogue patient et exigeant avec les autorités azerbaïdjanaises », a-t-il ajouté, alors qu’un diplomate a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) que Paris avait fait pression à Bruxelles pour obtenir la levée des sanctions imposée à l’oligarque en échange de cette libération.
« Nous nous réjouissons du retour en France de notre fils Martin après bientôt trois ans de détention », a réagi son père, Richard Ryan, saluant « les efforts des différents acteurs qui ont œuvré pour obtenir sa libération ». « Nous exprimons notre solidarité avec toutes les familles qui attendent impatiemment la libération d’un proche détenu à l’étranger », a-t-il ajouté.
Outre Martin Ryan, 20 personnes ont été graciées, mais il est le seul Français concerné. Ilham Aliev a notamment pris en compte « leurs personnalités, leur état de santé et leur situation familiale », selon le décret publié sur son site Internet.
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Martin Ryan avait été arrêté en décembre 2023, alors que l’Azerbaïdjan reprochait à la France son soutien à l’Arménie rivale. Le procès de l’homme d’affaires, qui vivait depuis quatre ans en Azerbaïdjan au moment de son arrestation, avait débuté en janvier 2025. Un tribunal azerbaïdjanais l’avait condamné, en mars 2026, à dix ans de prison pour espionnage. Ces accusations d’espionnage au profit de la France ont toujours été rejetées en bloc par Paris.
Martin Ryan aurait été au cœur des tractations à Bruxelles ces derniers jours, au cours desquelles les Vingt-Sept se sont accordés pour renouveler la liste des sanctions contre quelque 3 000 personnalités et entités russes ou liées au régime russe, accusées de favoriser l’effort de guerre contre l’Ukraine. Mardi soir, les Européens se sont accordés pour retirer de leur liste les oligarques Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, réputés proches du président russe, Vladimir Poutine.
« Au moment où la Russie mène des attaques brutales contre notre population, (…) envoyer des signaux sur la levée des sanctions contre des oligarques russes est une démarche autodestructrice et contre-productive », a déploré, mardi soir, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
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La France, qui avait demandé le 11 septembre, le retrait d’Alicher Ousmanov pour des « raisons de sécurité nationale », n’a jamais confirmé de telles tractations, mais réclame depuis des mois la libération de l’homme d’affaires.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, deux oligarques réputés proches de Vladimir Poutine, échappent aux sanctions européennes, provoquant la frustration au sein de l’UE Lire plus tard
Un autre Français détenu en Azerbaïdjan
Selon l’accusation, Martin Ryan aurait collecté des informations concernant les relations de l’Azerbaïdjan avec la Turquie, l’Iran et le Pakistan, concernant des entreprises liées à la Russie et à la Chine et sur des questions stratégiques régionales liées au Haut-Karabakh.
Un coaccusé azerbaïdjanais, Azad Mamedli, avait été, lui, condamné à douze ans de prison pour « haute trahison ». Selon le décret présidentiel publié mercredi, quatre autres étrangers – un Russe, un Pakistanais et deux Turcs – figurent parmi les personnes graciées.
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Un autre citoyen français, l’homme d’affaires Anass Derraz, est emprisonné en Azerbaïdjan. Il a été condamné à douze ans de prison en novembre 2025 à Bakou dans une affaire où il est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin d’un oligarque russe.
Les relations bilatérales entre la France et l’Azerbaïdjan se sont fortement dégradées après la reprise par Bakou, en septembre 2023, du contrôle du Haut-Karabakh, dont la population était alors majoritairement arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100 000 habitants. Le gouvernement azerbaïdjanais reprochait à Paris de soutenir l’Arménie. Les autorités françaises ont accusé en retour l’Azerbaïdjan d’une ingérence concernant ses territoires d’outre-mer, ce que Bakou nie.
En mai, le président français, Emmanuel Macron, avait discuté par téléphone avec Ilham Aliev, le chef de l’Etat azerbaïdjanais, des moyens de « développer » les relations entre leurs deux pays, après ces vives tensions.
Lire aussi (en 2024) | Article réservé à nos abonnés Entre la France et l’Azerbaïdjan, une relation dégradée Lire plus tard
Le Monde avec AFP



















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